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Une diplômée évalue les impacts potentiels de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste sur les eaux souterraines

Geneviève Bordeleau, exploratrice de talents
11 septembre 2013 // par Bruno Geoffroy

Nom : Geneviève Bordeleau. Profession : chercheuse (passionnée). Leitmotiv : « Sortir de ma zone de confort, trouver des solutions concrètes à des problèmes environnementaux et être à l’avant-scène de la recherche. » À la Commission géologique du Canada, où elle est stagiaire postdoctorale depuis mai 2013, la diplômée du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS ne risque pas de s’ennuyer. En effet, après avoir flirté avec des explosifs pendant son doctorat en sciences de l’eau terminé en 2012, elle travaille désormais à évaluer les impacts potentiels de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste sur les eaux souterraines.

 

Les médias ont beau s’enflammer sur les dangers liés à l’exploration des gaz de schiste, reste que très peu d’études ont été publiées sur le sujet. « Le cas du Québec est particulier. Ici, il y a eu très peu d’exploration dans ce domaine. Et contrairement aux États-Unis, nous allons pouvoir déterminer la qualité des eaux à t0, c’est-à-dire avant une exploitation potentielle des gaz de schiste », indique Geneviève Bordeleau.

 

Simple à dire, mais comment fait-on sur le terrain? « Concrètement, entre autres, on analyse les isotopes du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène dans les eaux peu profondes des aquifères qui servent à l’alimentation en eau potable, explique la chercheuse. Une signature unique qui, comparée à celle aussi unique du gaz naturel piégé dans les formations rocheuses plus en profondeur, permettra de mettre en évidence s’il existe des voies de migration naturelle entre les réservoirs de méthane et la nappe phréatique, ou si les couches géologiques qui les séparent sont étanches. »

 

Les analyses serviront même à préciser si cette migration du gaz se produit sur des périodes de temps géologique ou humaine, et si elle risque de s’accentuer lors d’une éventuelle exploitation. Au cours des mois à venir, la stagiaire postdoctorale prévoit échantillonner des puits existants et procéder à quelques forages sur le vaste territoire des basses terres du Saint-Laurent. L’étude, financée par Ressources naturelles Canada et menée en collaboration avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, « Après, on verra. Le hasard a déjà fait que je me retrouve aujourd’hui à la bonne place », me glisse-t-elle.

 

Mettre la main à la pâte

Après avoir complété un baccalauréat en sciences de l'agriculture à l’Université McGill, Geneviève Bordeleau découvre l’INRS par l’entremise d’une amie. Les rencontres s’enchaînent avec des chercheurs du Centre Eau Terre Environnement de l'INRS. Une, deux puis trois avant de « tomber » sur Richard Martel, qui deviendra son directeur de thèse. « Un modèle de chercheur, d’être humain. Rassembleur, désamorceur de situations problématiques et toujours disponible », fait remarquer Geneviève Bordeleau, qui doit également beaucoup à Martine Savard, codirectrice de sa thèse et chercheuse à la Commission géologique du Canada.

 

À l’INRS, la jeune chercheuse apprécie la convivialité des gens, le dynamisme de la recherche mais surtout cet aspect « les deux mains dedans ». « À force de planifier mes sorties sur le terrain, de gérer le budget avec mon directeur de thèse, de rédiger mes protocoles d’essai et de communiquer mes résultats (conférence, présentation), j’y ai appris à être chercheur. » Et si sa formation à l’INRS l’a bien outillée, ce sont « surtout ses professeurs qui contribuent à nous préparer pour l’avenir », fait-elle remarquer. À leur contact, elle a grandi. Un épanouissement rendu possible par cette possibilité de s’impliquer dans les projets de recherche et d’être soutenue par une direction générale ouverte aux projets étudiants.

Aujourd’hui, Geneviève Bordeleau stagiaire postdoctorale à la Commission géologique du Canada (CGC), à quelques pas de son ancien laboratoire de recherche. Elle a fait le saut par un concours de circonstances. « Un brin de conversation lors d’un dîner à l’INRS, un soupçon de bouche-à-oreille et le reste a suivi », confie-t-elle. Ses compétences, reconnues, y sont vraisemblablement pour beaucoup aussi. « Le fait que la CGC soit dans le même édifice que l’INRS, qu’elle travaille en synergie avec ses chercheurs et dispose d’équipements à la fine pointe de la technologie a pesé dans la balance. Mes connaissances des méthodes analytiques, acquises à l’INRS, m’ont aussi grandement aidée », reconnaît-t-elle.

 

Entre retrouvailles et mentorat

Pour le Réseau INRS, lancé en mai dernier, Geneviève Bordeleau n’a pas hésité à s’engager dans le comité directeur aux côtés d’autres diplômés : « Des réseaux de diplômés existent dans toutes les autres universités, alors pourquoi pas nous? » Et la chercheuse a son idée pour se démarquer des traditionnelles activités de retrouvailles, de la liste d’emplois offerts aux diplômés ou de l’incontournable réseautage. Elle envisagerait bien de développer une banque d’experts pour offrir du mentorat aux élèves du primaire ou du secondaire et les accompagner dans leurs projets de science. Une initiative heureuse qui participerait à former les scientifiques de demain. ♦

 

 

NDLR En mai dernier, Geneviève Bordeleau a vu ses études doctorales récompensées par plusieurs honneurs.

 

Commission géologique du Canada

Le Réseau INRS sur LinkedIn

La page LinkedIn de Geneviève Bordeleau

 

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Contrat Creative Commons« Une diplômée évalue les impacts potentiels de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste sur les eaux souterraines : Geneviève Bordeleau, exploratrice de talents » de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant la rédaction en chef. © Institut national de la recherche scientifique, 2013 / Tous droits réservés / Photos © Christian Fleury

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