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Nouveaux programmes d'études supérieures en sciences sociales

Les passeurs de savoir
13 février 2013 // par Sophie Gall

La maîtrise en pratiques de recherche et action publique (PRAP), un programme d’études donné au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, est unique au Canada. Elle permet de former des étudiants qui comprennent à la fois la réalité des milieux de la recherche et de l’action publique ainsi que leurs enjeux et défis respectifs. « Des passeurs de connaissances et de savoir-faire », les présente Diane Saint-Pierre, professeure et directrice de la maîtrise PRAP.

 

Privilégier la recherche en partenariat avec les milieux d’action publique évite que les chercheurs et les acteurs de ces milieux ne travaillent en silo. D’après Diane Saint-Pierre, les partenaires exprimaient le besoin d’avoir ces « médiateurs » – des relayeurs, des conciliateurs, des facilitateurs – qui sont capables de traduire les contraintes et les attentes de différents univers, de susciter un meilleur arrimage entre recherches et actions publiques. D’ailleurs, les ministères et les organismes publics ou communautaires, par exemple, développent de plus en plus des collaborations de recherche avec les milieux universitaires. Les besoins croissants de ces agents, sorte de tisserands de voies relationnelles et communicationnelles entre ces ministères (ou autres organismes) et ces pôles de recherche externes, sont de plus en plus importants afin d’assurer la réussite des partenariats de recherche ainsi que la bonne réception de cette recherche. D’où la naissance du programme de maîtrise, en 2007, qui a comme principal objectif de valoriser les échanges croisés entre les connaissances issues de la recherche sociale et les savoirs d’expérience des acteurs de terrain.

 

Les étudiants qui s’inscrivent à la maîtrise PRAP ont des profils variés. Détenteurs d’un baccalauréat ou d’un équivalent en sciences sociales ou humaines, certains ont également en poche une première maîtrise. Plusieurs sont formés en sociologie, en sciences politiques, en communication ou encore en études internationales. D’autres ont étudié dans des domaines plus éloignés : service social, arts, histoire, études littéraires et ainsi de suite. Comme agents d’interface, ils œuvreront dans des champs très diversifiés, liés à des problématiques sociales ou culturelles aussi complexes que nombreuses : santé mentale, lutte à la pauvreté, éducation, égalité des sexes, coopération internationale, insertion professionnelle, gestion des politiques culturelles, minorités ethnoculturelles, culture et développement durable, transformation des pratiques culturelles, etc. Plusieurs diplômés intègrent des organismes d’état : ministères provinciaux et fédéraux, organismes conseils, notamment. « N’importe quel milieu peut avoir besoin de ces agents en mesure de comprendre les aléas de ces univers changeants », de dire Diane Saint-Pierre.

De la théorie à la pratique

Marie-France Harvey est une diplômée de la maîtrise PRAP. Elle est aujourd’hui agente de recherche au Conseil supérieur de l’éducation, un organisme gouvernemental indépendant du ministère de l’Éducation. Le Conseil produit des avis – des recommandations – à la demande des élus. Bien que Marie-France ne rédige pas les avis en question, elle travaille à la recherche nécessaire à leur rédaction. En plus des synthèses de recherche, elle consulte régulièrement le milieu de pratique : directeurs d’école, conseillers pédagogiques et experts. « La PRAP m’a permis de réaliser que recherche et pratique peuvent s’alimenter l’une l’autre et qu’il ne faut pas hiérarchiser savoirs scientifiques et savoirs pratiques. Ma formation m’aide à rester sensible aux savoirs d’expérience », explique-t-elle. Selon elle, la concertation avec le milieu de pratique permet de donner plus de poids aux recommandations des rapports ou des avis. « En plus, ça favorise l’adhésion du milieu puisqu’il est partie prenante du processus décisionnel. L’appropriation des résultats en est facilitée », soutient-elle.

 

Valérie Guilmain, quant à elle, est issue de la première cohorte de diplômés du programme dirigé par Diane Saint-Pierre. Elle travaille aujourd’hui au ministère de la Culture et des Communications. Elle s’affaire en ce moment à coordonner le plan d’action du développement durable du ministère ainsi qu’à la mise en œuvre de l’Agenda 21 de la culture du Québec, qui a pour objectif de donner l’impulsion à une vision renouvelée du développement de la culture dans la province. En ce sens, elle doit établir des relations interministérielles et avec des organismes de l’administration publique ainsi qu’avec des acteurs de la société civile. « On consulte différents milieux (culturels, sociaux, économiques, environnementaux), il y a une coconstruction des savoirs, c’est une nouvelle façon de construire des politiques publiques », explique-t-elle en précisant que la réussite d’une telle entreprise est redevable à la mobilisation des communautés et que, quelque part, cela passe aussi par la mobilisation des connaissances scientifiques et d’expériences.

Deux nouveaux programmes gigognes personnalisés

En 2013, la maîtrise PRAP fait des petits, à savoir deux nouveaux programmes qualifiés de « gigognes » : le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en pratiques de recherche et action publique et le programme court de deuxième cycle en mobilisation et transfert des connaissances. Les premiers étudiants débuteront leur formation l’automne prochain. « Beaucoup de bacheliers, mais aussi des diplômés de deuxième cycle ou des professionnels sur le marché du travail sont intéressés par la PRAP, mais ils hésitent à se lancer dans une maîtrise avec stage et essai », mentionne Diane Saint-Pierre. Ces programmes gigognes ont donc été créés pour répondre aux besoins de ces différentes clientèles ciblées qui désirent parfaire leurs connaissances théoriques, analytiques et communicationnelles, tout en développant de nouvelles compétences en mobilisation et transfert des connaissances, sans pour autant s’engager dans des activités de stage et d’essai. « L’avantage de ces programmes, c’est qu’il est possible d’y aller progressivement : on peut faire le programme court et, par la suite, passer au DESS, puis à la maîtrise, et ce, sans perdre ses acquis », précise la directrice du programme. Les cours crédités dans un programme constituent une passerelle vers l’autre.

 

Ces trois programmes d’études « contribuent à la diffusion et à la valorisation des savoirs scientifiques et expérientiels et à la formation de personnes qualifiées en mobilisation et transfert de ces connaissances », indique Diane Saint-Pierre. L’efficacité de la maîtrise PRAP se mesure par le très bon taux de placement de ses finissants. « À l’issue de leur stage, les étudiants reçoivent souvent une offre d’emploi ou un contrat, alors que d’autres décident de poursuivre leur formation au doctorat », conclut non sans fierté Diane Saint-Pierre. ♦

 

 

Pour plus d'informations sur la maîtrise ou le diplôme d'études supérieures spécialisées en pratique de recherche et action publique et le programme court de 2e cycle en mobilisation des connaissances, visitez cette page.

 


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Contrat Creative Commons« Nouveaux programmes d'études supérieures en sciences sociales : Les passeurs de savoir » de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant la rédaction en chef. © Institut national de la recherche scientifique, 2013 / Tous droits réservés / Photo de Diane Saint-Pierre © Marc Robitaille

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