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Un pôle géoscientifique à Québec

L'union fait la force
11 décembre 2012 // par Christiane Dupont

Le gaz de schiste, le pétrole, les aquifères salins, les minéraux, les terres rares, la géothermie, l’hydroélectricité et l’éolien constituent des enjeux socioéconomiques et écologiques planétaires. Au Québec, les vastes étendues boréales et marines recèlent de minéraux et de ressources énergétiques en quantité colossale.  En conjuguant diverses expertises en géologie, en géoressources et en environnement, le Centre géoscientifique de Québec (CGQ), fruit de l’union de la division de Québec de la Commission géologique du Canada (CGC) et du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS, élabore des solutions pour une exploitation durable des ressources naturelles et des territoires. Histoire d’un mariage aussi heureux qu’original.

 

Le Centre géoscientifique de Québec, qui a pignon sur rue depuis 1988, fait office de véritable pionnier au pays. « Le CGQ est un des rares exemples au Canada d’une unité mixte de recherche et de formation où le gouvernement fédéral (Ressources naturelles Canada) et l’université travaillent de concert afin d’assurer la réussite du regroupement », souligne le directeur du Centre Eau Terre Environnement, Yves Bégin. « En ajoutant nos liens avec l’Université Laval, Québec est désormais un véritable pôle de géosciences », renchérit quant à lui Yves Michaud, directeur intérimaire du pôle québécois de la Commission géologique du Canada, dont la direction générale est par ailleurs assurée par Donna Kirkwood.

 

Deux têtes valent mieux qu’une

Un des avantages majeurs de la relation très organique entre les deux organisations est sans conteste l’atteinte d’une masse critique de chercheurs spécialisés dans différents domaines. « Chaque expertise a son vis-à-vis afin de constituer des équipes de recherche en géosciences équilibrées et variées », déclare Yves Michaud. Et puisque la recherche dépend largement des subventions, il va sans dire que faire partie d’un regroupement à grand rayonnement facilite la quête incessante de financement!

 

Au cours des années 1980, le désir d’avoir une meilleure représentation des francophones au sein de la fonction publique fédérale et de souligner l’importance des ressources géologiques dans l’est du pays a motivé l’implantation de la Commission géologique du Canada au Québec. L’idée d’un partenariat qui permettrait un partage des infrastructures et des expertises en maximisant le rayonnement scientifique s’est rapidement imposée. Restait cependant à savoir avec qui! De toutes les options possibles, c’est l’INRS qui s’est avéré être le partenaire idéal. « La philosophie de l’INRS cadrait bien avec les valeurs de la CGC, indique Yves Michaud. Nous avons des programmes scientifiques spécifiques différents, mais les grands axes de recherche sont les mêmes. »

Mares thermokarstiques

Riche de 24 ans d’étroite collaboration, le CGQ a permis le développement de nouvelles expertises au sein du groupe telles l’hydrogéologie, la biogéochimie, la dendrogéochimie et la dendroïsotopie (l’étude du climat grâce au bois des arbres). Les deux directeurs tiennent également à souligner que certains projets comme ARCHIVES, un regroupement ayant pour objectif de documenter les variations hydrologiques et climatiques des 1 000 dernières années dans le secteur boréal du Québec, et l’Initiative géoscientifique ciblée (IGC), qui elle s’intéresse à la génération de connaissances géoscientifiques et de techniques novatrices visant à cibler plus efficacement les gisements minéraux enfouis, n’auraient peut-être pas été aussi fructueux sans la synergie de cette alliance prolifique entre la Commission géologique du Canada et l’INRS.

 

Connaître l’environnement sur le bout des doigts

C’est un secret de polichinelle que le pétrole logé dans la roche-mère québécoise est actuellement chaudement convoité par plusieurs entreprises. Pollution des eaux souterraines, fragmentation hydraulique, contaminants déversés dans la nature : l’exploration et l’exploitation des ressources du sous-sol a indéniablement des répercussions sur l’environnement, nous rappelle Yves Bégin, affirmant du même souffle que le travail indépendant du CGQ permet justement de mieux encadrer l’industrie et d’améliorer ses pratiques. Afin de gérer efficacement ces activités pétrolières, une connaissance approfondie de l’environnement géologique est indispensable pour ensuite évaluer les impacts de futurs travaux. La géothermie profonde est une autre filière énergétique qui risque de connaître un boum dans les prochaines années. « L’union de nos forces nous permet de répondre aux besoins des gouvernements et organisations tant en géosciences fondamentales qu’appliquées », poursuit le directeur.

Sur le terrainCampement base Logan CGC

S’assurer d’une relève scientifique

La demande grandissante de main-d’œuvre spécialisée, quant à elle, présente un paradoxe : « Il n’est pas si simple de recruter des étudiants en sciences de la terre aux cycles supérieurs, car les diplômés sont rapidement happés par l’industrie. Or, l’industrie a également besoin de qualifications », insiste Yves Bégin. En réponse à ce besoin, le CGQ a misé sur la création d’un milieu attrayant, mais surtout très appliqué : « Les étudiants sont en contact direct avec le milieu de pratique et ça, c’est original », enchaîne-t-il. De pair avec une offre de cours bonifiée et enrichie, la codirection d’étudiants en sciences de la terre par un chercheur de la CGC est d’ailleurs souvent monnaie courante. 

 

Un autre objectif du CGQ est de susciter l’intérêt des jeunes et du grand public à la géologie. Des marches éducatives dans le Vieux-Québec sont organisées afin d’initier les professeurs du secondaire aux géosciences et leur montrer toute la diversité géologique de la région. « À Québec, nous sommes à la jonction de trois provinces géologiques : le bouclier canadien, les basses-terres du Saint-Laurent et les Appalaches, indique Yves Michaud. C’est une région géologique exceptionnelle à découvrir. »

 

Bref, les deux directeurs, férus du Nord québécois et qui se connaissent depuis de nombreuses années, sont la preuve vivante que l’étroite collaboration scientifique s’avère être une solution gagnante pour faire progresser la recherche en géosciences, préparer la relève et participer activement à la gestion durable de nos ressources. ♦

 


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